Quand l’écologie oublie un ptit peu le droit des femmes

Hello world.

J’ai commencé à m’intéresser aux théories environnementales de maitrise de la démographie et des réductions des naissances lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux paroles de nos intellos de l’environnement.

On appelle également cela le malthusianisme. Comme c’est un principe, maintenant un mouvement très repris par les écologistes, qui ne me plait pas, vous vous contenterez d’un copier-coller Wikipédia.

Le malthusianisme est issu de la pensée de Thomas Malthus craignant les effets dévastateurs du développement libre, supposé exponentiel, de la population humaine. Des récits de voyages de son époque — en particulier ceux de James Cook —, Malthus a tiré une loi naturelle des sociétés naturelles : la population tend à croître plus rapidement que ses ressources, jusqu’à ce qu’interviennent des freins ou des limites à cette croissance (nommés checks). Ces derniers font régresser la population à un niveau supportable pour assurer la nourriture de l’ensemble.

Les préoccupations écologiques renouvellent aujourd’hui la problématique malthusienne.

Difficile de passer à côté, c’est très en vogue d’associer augmentation du nombre de nous et catastrophe humaine, économique, et maintenant environnementale. Bien évidemment, le discours tient la route et comme à son habitude ne s’embarrasse que de peu de nuances dès lors qu’il exprime son message à l’opinion publique. Par exemple, parler répartition de population et des richesses, fait beaucoup moins jaser nos compères catastrophistes médiatisés.

Il peut vous arriver alors de vous sentir bien coupable d’être un humain sur la planète. Il peut vous prendre l’envie, si vous débordez d’empathie, de marcher sur la pointe des pieds, d’apprendre à voler pour peser moins lourd sur la nature. Vous ne savez plus que faire pour alléger cette culpabilité d’appartenir à cette espèce décrite comme si nuisible, la vôtre, la nôtre. Et si vous êtes une femme, de vous faire ligaturer les trompes. Il y en a même qui disent qu’une bonne guerre, un bon virus, ou une bonne catastrophe naturelle nous ferait pas de mal, mais ne parlons pas plus de ces cinglés monstrueux.

Plateaux tv, conférences, webcasts… Les ONG, leaders charismatiques et politiques variés sauront vous vendre cela avec la sauce adéquate. N’y voyez aucun jeu de mots malencontreux. On ne peut que prier pour que cela n’arrive pas encore dans les TedX (j’ai pas vérifié, ceci dit…).

La Conférence Paris Climat – COP21 n’aura pas échappé à cette envolée lyrique de la part de nombre de ces parties prenantes sus-listées.

Bon, on a l’habitude de ces discours et on a pigé l’idée. Mais un détail me chiffonne de plus en plus. On aurait peut-être oublié d’étudier l’impact le plus évident de ces discours et revendications…

À ce jeu de la démographie responsable, les femmes sont les grandes lauréates.

Et cela, autant nous en avons brièvement entendu parlé après Copenhague, autant nous n’avons pas entendu grand chose du sujet en France pendant la COP21.
Voir « Climat, démographie et droit des femmes« .

Dans les pays anglo-saxons, on lit même des gens un peu fous qui ont osé dire à Malthus et sa bande d’aller voir ailleurs si on voulait bien renoncer à nos droits, nous les femmes.
Mais ici en France, que nenni. De Google aux conférences de spécialistes en passant par le bistrot du coin, rien. Ha si. Quelques formules plates de pédagogique diplomatique en introduction des sites web des associations militantes du sujet, comme « démographie responsable », rien.

Extrait : « En incitant à l’autolimitation de la natalité, notre association a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation, voire la diminution, de la population humaine. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains ou qui remettrait en cause la liberté de procréer, notre démarche passe par une bonne information de chacun(e) sur les conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement. »

Moi, de cette sombre histoire de contrôle des naissances ou de réduction démographique, je n’en ai qu’un seul exemple concret, et par concret, je ne parle bien évidemment ni de statistiques, ni de chiffres, je laisse ces lubies aux lobbies. Restons simples et décontractés. Mon exemple concret s’appelle Eliette. C’était ma toute première copine de jeu à Tahiti, et je ne l’aurais jamais connue si ses parents n’avaient pas fuis la Chine pour pouvoir l’élever. Pour avoir le droit de la garder. Ils ont du faire des milliers de km pour avoir le droit d’avoir un garçon, leur ainée, et leur fille. À l’époque, on m’a beaucoup expliqué l’atrocité de la situation, pour eux comme des millions d’autres et pour les droits des femmes chinoises. Les infanticides, les désastres familiaux, et la pression monstrueuse imposée à ces dernières.

Dans beaucoup de pays du Sud, des politiques agressives de communication (culpabilisation ?) allant dans ce sens ont aussi fini par susciter des levées de boucliers des défenseurs des droits.
Voir l’article ici :  https://www.erudit.org/revue/lsp/2002/v/n47/000343ar.html

Je n’ai pas de culture féministe. Mais je suis comme qui dirait une fille, moi aussi. Je me sens étrangement concernée dans ma chair lorsque j’entends des intellectuels parler de contrôle des naissances, de réduction démographique. Surtout que j’ai déjà entendu des amis, des connaissances, et aussi des gens que je n’aime pas, dans ce milieu écologiste, me dire qu’avoir des enfants était incompatible avec leurs convictions environnementales. Soit. J’ai moi même été tentée.

Maintenant voyons clairs. Ce sont les femmes qui donnent naissance.

Ce sont les femmes qui prennent les contraceptifs.

Ce sont les femmes qui vivent les avortements.

Ce sont les femmes, qui déclarent une grossesse pour obtenir les aides auxquelles elles ont droit dans certains cas.

Nous tenons là les sujets préférés des adeptes de la démographie responsable « pour sauver la planète » : le contrôle de la procréation, du nombre d’enfants, des conditions requises pour avoir un enfant, et la limitation des aides afin de ne pas inciter à faire des mômes.

Si les femmes portent toutes ces responsabilités et disposent de tous ces outils, le choix, la responsabilité et donc culpabilité leur reviennent donc majoritairement.
Mais cela, pour reprendre l’une des expressions favorites des lanceurs d’alertes apocalyptiques, « personne n’en parle ». Ni Hulot, ni YAB, ni Segolene Royale, ni aucun leader d’ONG actuellement au pouvoir. Même le Pape nous a oubliées dans son encyclique sur l’environnement. D’ailleurs le mot « femme » n’y apparaît que trois fois (parenthèse de la chieuse).

Les philosophes de plateau TV et autres chroniqueurs de l’environnement déguisés en chefs verts pourront bien trémousser leurs fesses d’indignation sur le cuir de leur fauteuil tant qu’ils veulent tout en réfutant (+ moue de l’intellectuel fatigué d’avoir affaire à des cons).

J’aimerais pourtant exprimer encore quelques doutes assez « 21eme siècle ».

Choisir de prendre un contraceptif devait logiquement permettre à la femme (et à l’homme de manière indirecte) d’obtenir ce qu’on appelle la liberté de disposer de sa vie, de son corps, et de choisir le bon moment, ce qui implique des paramètres très personnels, comme la poursuite des études, la situation personnelles, financière, morale, etc.

Une politique de limitation des naissances revient implicitement (dans le meilleur des cas), à faire de cet outil de liberté un moyen de contrôle explicite ou implicite concernant non plus la femme en tant que personne mais la femme en tant qu’élément d’une société.

L’avortement ne peut, lui non plus, être un choix que l’on fait pour son pays, pour sa planète, ou pour les beaux yeux d’un écolo convaincant. Déjà traumatisant pour bien des femmes, s’il est subit pour des raisons extérieures à cette dernière, on peut nommer cela un traumatisme, pour être plus claire, une mutilation fantôme.

D’ailleurs, pour rebondir avec un peu d’humour, personne n’a jamais proposé sérieusement de campagne massive de castration masculine pour réduire le nombre d’humains sur la planète.

Par ailleurs, aucune femme ne veut, sous prétexte d’un avènement de la limitation obligatoire ou suggérée à coup de mesures restrictives et autres fantaisies politiques, devoir un jour choisir entre l’enfant qu’elle porte et la société, encore moins pour les « générations futures » (j’espère que chacun ici est assez futé pour comprendre l’absurdité de ce dernier paradoxe ! ). Imaginez qu’elle ait eu un garçon. Imaginez qu’elle et son conjoint aient très envie d’avoir une fille, et que cela soit très mal vu par la société d’avoir 3 enfants, ou pire, interdit, compliqué, sanctionné. Imaginez qu’elle soit enceinte d’un deuxième garçon. Doit elle l’avorter, pour essayer d’avoir une fille ? Un exemple parmi des milliers d’autres possibles.

Les écolos ne devraient-ils pas par essence partir du principe que la nature sait ce qu’elle fait, et qu’il faut laisser faire la nature ?

Si les écolos pensent que ce principe s’applique à tout sauf à l’homme, c’est qu’ils nous jugent contre nature, ce qui, au delà d’être une position schizophrène et peu réaliste, ouvre la porte à tous types de dérives.

Oui l’humain a inventé des outils pour contrôler sa faculté à procréer. Il l’a fait car il est une espèce obnubilée par l’idée et l’application de la liberté. Notamment celle de choisir.
Mais si j’en crois les magasines bien-être féminin & co, la question se pose au contraire de plus en plus de savoir si oui ou merde on a envie d’être constamment sous hormones de synthèse. À prendre en compte, donc.

Bien sur, les hommes sont pleinement concernés également. Et peuvent en souffrir également, voir leurs droits un peu oubliés également. D’autant qu’ils vivent les décisions de leur compagne en écho et parfois de manière subie. Dans tous les cas, avec ce genre d’idéologie environnementale, leur manière d’élever leur progéniture sera jugée sévèrement, là aussi. Mais encore une fois, la décision touche avant tout les femmes : physiquement.

Les mots son simples, même s’ils ne sont jamais évoqués clairement : ces histoires de « démographie responsable », ces enjeux autour du nombre de nous, cette popularisation du terme de « surpopulation », ces catastrophismes concernent en premier lieu, si ils sont suivis d’actes politiques, le ventre des femmes.

Et encore, je ne développe pas ici la pression que cela posera particulièrement sur les femmes des pays du SUD, ni sur les gens modestes. Oui car selon les critères des environnementalistes s’exprimant sur la question, il faudrait obligatoirement atteindre un certain seuil de revenus pour avoir le droit de faire un enfant. Avoir les moyens et être apte soi-même à lui transmettre une conscience écologiste (vous devriez lire du Paul Watson, si vous n’aimez pas les gens, vous l’adorerez lui). Ils ne se sont pas encore prononcé sur le nom du label dont seront gratifiés ces enfants bio. Des enfants ISO 14001 ?
En somme, il faut avoir du pognon dans tous les cas si vous voulez des enfants, puisque même dans les discours les plus raisonnables, faut pas déconner hein, à partir du 3eme, on vire les aides, même s’il est handicapé.

J’attends donc avec impatience la grille d’évaluation du parfait petit sauveur de la planète pour savoir si j’ai le droit ou nom de me multiplier à ma convenance sans avoir sur les mains le sang des petits animaux, celui des générations futures et la destruction planifiée de ma copine la Terre.

J’aimerais beaucoup, si certains d’entre vous s’intéressent au sujet, recevoir des liens, des textes, des noms de spécialistes ayant un jour développé cette question histoire d’approfondir cette réflexion.

Merci.

 

 

 

 

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