MAUD FONTENOY ET LES « VRAIS » ÉCOLOS…

« L’écologie doit changer les paradigmes ».

Je suis d’accord. Et certaines de ses méthodes, aussi.

L’écologie n’est pas qu’environnementale : n’est-elle pas est économique, sociale, ethnologique, psychologique…  Humaine et interactive en somme, que ce soit entre humains ou avec le reste du vivant.

Que d’attaques de la grande « famille » écologiste contre Maud Fontenoy ces derniers temps. Lorsque l’on est soi-même à l’écoute de ces personnes, ça devient au mieux lassant, au pire désespérant. Désespérée je suis et je me permet donc cette petite digression numérique à l’attention de ceux et celles qui accusent la dame de n’être qu’une « écologiste de papier ».
Le numérique et l’absence de dialogue : voilà les deux commandements nouveaux de nos pontes de l’écologie. J’y souscris donc, une fois encore, avec amertume.
Méthode fabuleuse, n’est-il pas ?

L’écologie « doit » changer les paradigmes, comme le propose (à l’impératif) le représentant EELV, scandalisé au possible par les propos de Maud Fontenoy.
Soit, commençons donc ce vaste chantier par le partage, le débat, la solidarité, et passons nous des attaques puériles par voie de presse. Surtout lorsque ces dernières sont assorties du refus d’échanger avec les personnes portant un discours différent.

Appliquons le nous, accessoirement. Et, pourquoi pas, veillons à ne pas déformer les propos de ceux que nous arrosons de nos critiques vertueuses.

L’écologie, en tant que mouvement, est écosystémique. N’a t-elle pas elle aussi besoin d’équilibre, de collaboration entre les différentes parties humaines qui la composent, qu’elles soient ou non en accord… ?

« Une écologie de papier », qu’ils disent.

Parfois, vouloir rester distingué mène au ridicule. Une écologie « de papier » ? Soit. Effectivement, depuis 2008, chaque année, grâce à Maud Fontenoy, est imprimé beaucoup de papier (PEFC, bien sur) afin de sensibiliser des milliers d’écoles, d’enfants et de parents à la protection de l’environnement.

De papier, oui, elle en a surement lu beaucoup, elle a d’ailleurs écrit 2 livres (et 6 guides d’éco-gestes pratiques) sur ces lectures et ce qu’elles lui ont inspirées : des rapports internationaux, les études scientifiques publiées, même celles n’ayant pas reçue les faveurs du milieu écolo.

Il le faut bien, non ? Comment ça Non ? Mais pourquoi ? Oseriez-vous prétendre qu’il n’existe qu’une voie possible et que vous seuls l’auriez trouvé ?
Non, ce n’est pas ce que vous dites. Une autre représentante de la grande « famille » des écologistes l’exprime ainsi : savoir faire du bateau c’est bien, mais coté écologie il faut plutôt faire de vraies propositions, « et on en reparle ».

J’ai souvenir que certaines « voies » (cf « vraies propositions« ) tracées par le WWF ne furent guère appréciées de communautés humaines, laissées sur le bas côté de cette vertueuse route. Pardon, il faut bien que je l’avoue, cela me titillait le bout des lèvres. Nous sommes en démocratie, ici au moins.

Chaque année, ce sont bien des lois, des signatures de contrats, des déclarations dans la presse, qui animent les avancées et les reculés d’un monde que l’on souhaite durable. EELV parle « d’une écologie de papier » face à une femme qui a traversé deux océans à la rame ? Qui se déplace dans les écoles pour parler développement durable ? Qui a permis à un orphelinat malgache de gagner son autonomie énergétique et alimentaire, les a aidé à aller vers plus de sécurité sanitaire ?

Soyez plus explicites par pitié, vous m’égarez.
Ne pas être anti-tout, ne signifie en rien devenir « pro-tout-et-n’importe-quoi ». Cela signifie parfois simplement que l’on se pose des questions. Et que cela en amène beaucoup d’autres… Auxquelles vous ne répondez pas franchement, d’ailleurs.

J’ai assisté à vos interventions, sur Paris et en régions. J’entends vos discours, vos revendications, vos indignations, je lis vos manifestes et j’observe vos « solutions » depuis plusieurs années maintenant. Mais surtout, je vous ai lu, car vous ne cessez d’écrire, chers écologistes. Vous ne cessez d’envoyer des communiqués à la presse. Lorsque j’entends parler « d’écologie de papier », j’avoue que Maud Fontenoy n’est pas la première personne qui me soit venue à l’esprit.

Mieux que l’observation : le vécu.
Pendant 2 ans à La Réunion, je vous ai lu, sur la crise requin, par exemple. Que d’inepties racontées aux médias ! Que de mensonges ! Que de propos sources de querelles profondes et aux conséquences sociales graves dans l’opinion publique réunionnaise ! De solutions ? Que nenni pardi. Merci ! Bon. Je me suis dis que vous n’y connaissiez rien aux requins. J’ai donc cherché un peu du coté de la nouvelle route de littoral : c’est pas joli joli les amis. Vos forces d’oppositions ont très étrangement tourné court localement. Bouygues vous remercie.
Maud Fontenoy, au moins, nous a épargné cela.

Qui fait « le jeu des industriels » ?

Que de victoires hurlées avec un stylo, et via des posts Twitter, pour une signature de projet ! Qui était ensuite sur le terrain pour vérifier que ce projet de loi était appliqué, ou ne serait-ce qu’applicable ? Les professionnels, les industriels, les non-industriels, les usagers, oui : il y étaient. Et vous ?

Soyons honnêtes. Si pour chaque position affirmée de l’écologie, un suivi terrain était assuré, on aurait moins de temps à perdre en polémiques et plus en projets efficaces. On entendrait moins d’inepties dans les médias. Et surtout, on mesurerait mieux l’efficacité réelle qui se cache derrière les effets d’annonces. Tout cela laisserait moins de temps pour les comptoirdises médiatiques du genre « elle fait du bateau c’est bien, mais écolo, franchement, je vois pas en quoi elle l’est » (hips !). Alors moi j’ai entendu dire au comptoir d’à coté, qu’en Afrique et à Madagascar, il était une fois une ONG qui eu les poches plus profondes que…. Bref.

Lesquels d’entre vous ont pris leur téléphone et ont prononcé les difficiles mots « Maud, je pense que tu te trompes, j’ai des informations qui contredisent les tiennes, des études, je travaille dessus depuis longtemps, nous devons avancer ensemble, rencontrons nous ! ». Trop peu, c’est à dire personne !!

Parlons de choses que Monsieur tout-le-monde connait. Vos divisions, conflits internes et médiatiques permanents ne font-ils pas le jeu de vos « ennemis » ? Cela au contraire, vous apporterait force et crédibilité ? On a pu le constater avec les exploits qui ont caractérisé les périodes Joly / Hulot. N’est ce pas par voie de presse que vous attaquez Maud Fontenoy aujourd’hui ? N’est ce pas via Twitter ? N’est pas via le web dans son ensemble ? C’est franchement hilarant de vous lire faire le procès d’une écologie de papier, tandis que votre guerre médiatique les brise menu à tout le monde.
D’autant qu’il est peu aisé d’y voir clair : une fois confronté aux faits qui se cachent derrière les discours, le fameux jeu du « qui a raison » donne des résultats aussi surprenants qu’intéressants.

Pourvu que vive la diversité de connaissances.

Il n’y a pas d’un coté des ignorants et de l’autre des lumières, d’un coté les méchants et de l’autre les saints. Toutes les informations utiles aux débats qui forgent le monde d’aujourd’hui et de demain peuvent être reçues, transmises, débattues, avec humanité. J’ai bien écrit “avec humanité”, c’est à dire sans laissés pour compte. Les débats, la recherche, ne sont-ils pas les moteurs de l’acquisition des savoirs et des connaissances nécessaires à ce monde durable appelé de nos vœux (pieux) ?

Ou bien, en plus de « bruler » Maud Fontenoy sur le bucher de l’inquisition écolo, certains partisans EELV, pour ne pas les citer, suggèrent-ils de bruler également ses livres et les études qui les ont inspirés ?

Personnellement, et cela n’engage peut-être que moi, j’ai soif de ces informations, j’ai soif de conserver la liberté de faire mon propre choix entre toutes les informations que je reçois. Je lis les blogs, les journaux, les études. J’écoute tout le monde.

C’est pourquoi malgré vos attitudes, qui me désolent bien car j’envisageais un autre usage de vos sphères d’influences, je continue à vous lire, vous aussi.

Plus d’Utopie en écologie. Amen.

J’ai entendu un grand scientifique dire que l’écologie avait besoin de plus d’Utopie. Ce monsieur, pourtant, tout en le disant, condamnait un livre sans l’avoir lu. Sombre époque.

J’aime l’utopie, elle m’anime comme vous, comme Maud Fontenoy (si si). Mon Utopie à moi perd de la hauteur lorsque qu’elle se heurte à tant d’adultes incapables de s’asseoir sans vaciller sur leurs égos pour se parler avec maturité lorsqu’ils sont en désaccord. Incapables de collaborer efficacement lorsqu’ils visent les mêmes objectifs.

Est ce donc cela, le « plus d’Utopie en écologie » dont il s’agit ?

Je m’étouffe parfois en prenant connaissance des pratiques réelles des organisations qui monopolisent le débat de « comment va t-on sauver la planète ». Je me pendrais bien lorsque je les vois dispenser d’interminables leçons dans la presse.

Je parle bien sur des atteintes aux droits de l’Homme, de la participation aux ventes aux enchères de coiffes en plumes d’Aras (espèces interdite de commerce) des autres (Si avec ça on sauve pas l’Amazonie…), des dérapages stigmatisant des communautés humaines, des mensonges avérés, des alliances et stratégies moribondes et des querelles stupides que l’on ne peut plus supporter face à de grands enjeux. Des choses qui ne transparaissent étrangement pas dans les médias écologistes.
Quelle ironie.

Quelle est la crédibilité d’un combat passant tant de temps à s’insurger sur Twitter contre untel et unetelle et proposant si peu de débats constructifs.

Ho je sais. Vous balayerez ce petit texte d’un revers de main dédaigneuse, vous direz que c’est bien triste tout ça (moi), et vous ne m’aimerez pas, car vous avez développé plus d’égos que de solutions, plus d’égo que d’humanisme, à travers votre écologie. Peut-être même que certains de vos militants laisserons un petit commentaire désagréable sous ce post, à mon encontre, à celle de Maud Fontenoy…
Je m’évite donc de prendre des pincettes inutiles.

Je ne suis personne et je ne prétend à rien. Mais vous m’avez personnellement tellement déçue sur le sujet des océans, sur le sujet de la crise requin de La Réunion, pas foutus d’apporter un discours cohérent, un coup de main conséquent, et dans la perpétuelle et nocive critique de choses que vous ne maitrisez visiblement pas…
Fatalement votre crédibilité a fait long feu, et si j’étais seule à l’avoir vécu, expérimenté (subi), pensé, je le garderais pour moi.

De facto, lorsque je vous entends critiquer vertement un autre écolo, je ne peux que penser que cette personne doit être intéressante : si ces idées diffèrent des vôtres, il en va peut-être de même pour ses méthodes.

Les enjeux de pouvoir ont la fâcheuse tendance à refuser les débats, s’agirait-il donc de cela uniquement ?

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